|
Cirques au GRV
Nous voilà repartis, vingt et trois acrobates
Bien décidés encore à s'en mettre plein les pattes !
Notre grand Saint Bernard, en tee-shirt et en short
Malice au coin des yeux, gentiment nous exhorte.
Faire le cirque avec lui c'est une réjouissance
Nous dépasser un peu, c'est bien de circonstance.
Un départ sous la pluie, c'est pour le Bout du Monde
En fantômes bossus nous commençons la ronde.
Chênes, buis, arbousiers, dominent dans ce calcaire
Le chemin en corniche serpente entre les pierres.
Et puis une éclaircie, nous permet d'admirer
Sous un ciel gris bleuté, un nuage étiré
C'est comme une fumée signalant au passage
Une vie qui palpite dans un petit village
Ou quelque fumerolle d'un volcan mal éteint
Qui prend forme bizarre là-bas dans le lointain.
Le gîte après l'étape... il est bien confortable
De rire et plaisanter autour d'une bonne table.
Départ de Saint-Guilhem, le village est charmant
Son cloître, son abbaye, arrêtons un moment
Pour admirer aussi ses murs de vieilles pierres
Nos bras feront le tour du platane séculaire.
Le Cirque de l'Infernet est prévu aujourd'hui,
Du soleil et du vent, nous n'aurons pas de pluie.
Traversons le Verdus, attaquons la falaise
En montée progressive nous serons bien à l'aise.
Le chemin qui s'élève est d'une grande richesse
En sa végétation de multiples espèces.
Un ouvrage médiéval, ce sont les « Fenestrettes »
Les moines autrefois y montaient d'une traite
Rejoindre leurs troupeaux qui paissaient sur le Causse
Encore de beaux à pics, notre groupe se hausse
Peu à peu le chemin devient une corniche
Puis un vaste plateau, la terre n'est pas riche.
Les moutons sont rentrés et nous n'en verrons guère
Partout la roche affleure, un univers de pierres.
En surplomb sur le cirque quelques pins se cramponnent,
Et le vent dominant un air penché leur donne.
Par de larges lacets nous descendons plus vite
La grotte de Clamouse attend notre visite.
Après le pont du diable où plane quelque légende
Où l'âme d'un pauvre chien fut donnée en offrande,
Descente en profondeur, humide évidemment
Aragonite, calcite, que le temps patiemment
A sculptées en cascades, en décors fabuleux
Dont musique et lumières rehaussent le merveilleux.
Curiosité aussi, protées cavernicoles
Pour faire la rime riche j'ai besoin de Nicole !
Mais tandis qu'au soleil elle aime s'épanouir
Quant à eux la lumière les fait s'évanouir...
Un petit vent léger, un timide soleil
Au programme de ce jour, le Cirque de Navacelles
En dix millions d'années une petite rivière
Façonna un canyon dans la roche calcaire
La Vis, c'est bien son nom, tout petit affluent
D'un grand Hérault de fleuve, coule comme un torrent
Tout au fond de ses gorges tantôt nous la verrons
Tantôt elle disparaît, happée par un vallon
Nous longeons aussi le canal d'irrigation.
Il est comme la muraille de chine en réduction
Dans cette végétation toujours un peu sauvage
L'érable de Montpellier colore le paysage
Les taches rouge et or de ses petites feuilles
Parsèment le chemin au vent qui les effeuille
Arrêt au Mas du Pont en bordure de rivière
Une maison de maître se ruine dans la clairière
Un joli pont roman encore nous franchirons
Auprès d'une cascade nous pique-niquerons.
Le chemin en lacets monte jusqu'au belvédère
Dénivelé tranquille, l'arrêt est nécessaire
A chaque point de vue le cirque se révèle
Surprenant oasis dans la nature rebelle
De ces causses arides par le vent desséchés
Qu'une petite rivière a su aménager.
En haut, la Baume Auriol, le paysage s'admire,
Les montagnes bleutées, l'Aigoual en point de mire.
Le retour par le Causse c'est toujours l'aventure
Nous escaladerons encore quelques clôtures
Aux passages d'échelles prévues à cet effet
A travers champs de thym, mêlé de serpolet
Et d'herbe rase aussi sur le plateau venteux
Un régal de brebis pour Roquefort fameux
La chienne noire « Mourèze » avec nous fait le cirque
Même si elle est rapide, la montée est sans risques
Cirque dolomitique, cailloux et chênes verts
Aux cinq cent cinquante mètres se trouve le belvédère
Panorama splendide, trois cent soixante degrés
C'est notre récompense d'avoir si bien grimpé !
Le lac de Salagou aux « ruffes » rougeoyantes
Au loin l'Aigoual, la mer, Eole qui nous évente
En bordure du chemin, un ancien ermitage.
Déjeuner à l'abri, sous la halle d'un village
Pour le retour Bernard qui ne sait résister
A quelque « bisquouette » dont il a le secret
Nous entraîne bien vite dans un petit sentier
Qu'il est seul à connaître ... avec les sangliers
A travers arbousiers, les cistes et bruyères....
Heureusement les chasseurs n'ont pas les mêmes repères !
A l'huilerie « Oli Doc », nous apprendrons beaucoup
Sur la culture des « Lucques » croquantes et douces au goût.
Nous irons randonner au Cirque de Labeil
Pour combattre le bourdon il n'est rien de pareil,
C'est la fin du séjour et nous devons rentrer
Mais profitons encore d'une belle journée
Riche végétation au départ de Lauvroux
Térébinthes et buis, genêts et cornouillers
Nous ferons six cents mètres de dénivelés.
Nous sommes le onze novembre, les fusils des chasseurs
Se font entendre encore, la chasse aux randonneurs ?
La montée est bien rude mais elle est régulière
Toujours au GRV c'est chacun sa manière
En haut un bel espace de thym tout parfumé
Où nous nous attendrons, ensemble pour souffler.
La forêt d'Escandorgue, quelle belle nature,
Le hêtre d'or est roi qui étend ses ramures
En voûtes séculaires au dessus de nos têtes
Un rayon de soleil lui donne un air de fête.
En chemin de retour, changement fantastique
Falaises et chaos de roches dolomitiques
Se dressent autour de nous dans une ronde étrange
Comme d'un versant à l'autre le paysage change !
Vient l'heure de se quitter, Bernard a préparé
Pour chacun d'entre nous le verre de l'amitié
Un excellent vin chaud, de sa composition
Nous dégustons ensemble avec modération !
Merci à toute l'équipe et à ses randonneurs
Encore un bon séjour, c'était un vrai bonheur...
Marguerite
|